Actualités : Light in the box

Light in the box

 

Après le malicieux Williwaw et le dynamique Cosmic Dance , Julien Alour revient avec un album aux tonalités claires-obscures. Light in the box surgit de l’ombre, comme une idée confinée, contenue et mijotée, qui se libère, laissant apparaitre de nouveaux contrastes, volumes et textures. Pour cet album, le compositeur a voulu cette fois-ci la trompette seule et limpide, sur des thèmes aux mélodies très marquées, enveloppées par le Fender Rhodes (joué par Simon Chivallon), choix déterminant puisque assez rare dans un enregistrement de quartet jazz, une contrebasse « pilier » et groovante (Yoni Zelnik), et une batterie picturale et audacieuse (Elie Martin-Charrrière) apportant une sonorité moderne et inattendue. On retrouve l’humour assez caractéristique du jeu du trompettiste que l’on avait découvert dans ses premiers albums, mais avec une intensité nouvelle et mordante, non convenue. En contraste avec la générosité et clarté mélodique, l’harmonie est plus sinueuse, sombre, brumeuse et le rythme chaloupé et généreux. L’album ouvre sur « Le serpent à vapeur », percutant et accrocheur mettant en marche une machinerie entrainante qui ne quittera pas l’auditeur tout au long du disque. Vient ensuite le non moins efficace et astucieux, « Tortuche », très visuel, personnage de bande dessinée à la démarche pataude et enjouée, le lumineux « Sun sun sun », allure d’un vrai tube, bâti sur une basse conçue pour la transe déhanchée. « Ballad for N », exercice de virtuosité vocale, avec en guest la chanteuse Camille Bertault, amène une puissance et une épaisseur sombre et éclatante, que l’on retrouvera dans les thèmes « Rue Visconti » et « Il y a trois ans ». « Traffic » et « Tobo » apportent une sonorité plus sale et punk comme pour balancer d’un revers certaines conventions attendues. Ce Light in the box est l’assemblage d’adjectifs qui s’opposent : impulsivité refléchie, douceur nerveuse, éclat ombragé, et tout en étant très représentatif d’un jazz d’aujourd’hui, il amène à celui qui l’écoute un son personnel et non-emprunté.

Julien Alour : trompette, bugle, compositions

Simon Chivallon : Fender Rhodes

Yoni Zelnik : contrebasse

Elie Martin-Charrière : batterie

chant sur « Ballad for N » : Camille Bertault